George Sand, La Petite Fadette

« Crois ce que je t’ai toujours dit, Landry, que le jour où l’on saura que tu m’aimes sera le commencement de nos peines. »

George Sand, La Petite Fadette

Landry et Sylvain naissent dans la famille Barbeau. Les deux garçons sont jumeaux et, malgré les conseils d’une vieille femme qui s’y connaît, les parents les laissent continuellement ensemble faire les mêmes choses, s’habiller pareil… Un jour, le père Barbeau décide, pour des raisons financières, d’aller faire travailler Landry chez un voisin et de garder Sylvain (dit « Sylvinet ») chez eux. Les jumeaux se retrouvent donc séparés. Tandis que Landry fait l’expérience de la vraie vie, Sylvinet reste chez lui avec ses parents et développe peu à peu une vraie jalousie envers Landry qui change petit à petit.

Il est assez difficile de résumer ce livre car il y a deux parties bien distinctes : la relation entre Landry et Sylvinet, et l’apparition de la petite Fadette qui joue un rôle très important dans ce roman (sans blague, le livre porte son nom).

La première fois que j’ai lu ce livre, j’étais en première année de licence de lettres modernes. Je m’attendais à lire des livres un peu barbant (surtout que je sortais de terminale L où j’avais lu Les Mémoires du général De Gaulle pour le bac). J’ai commencé l’année en lisant La Duchesse de Langeais de Balzac (seul Balzac que je n’ai pas détesté !), et j’ai enchaîné sur le roman dont je vous fais la chronique aujourd’hui. J’ai été très agréablement surprise d’aimer à ce point-là un roman classique imposé par les études. La preuve est que je l’ai relu aujourd’hui et que j’ai tout autant apprécié.

Landry va donc apprendre à gérer une partie de l’élevage de son voisin, le père Caillaud. En même temps, il se lie d’amitié avec les autres jeunes présents dans la ferme et apprend donc la vie, en dehors du cocon familial : il joue à des jeux de son âge, parle et s’amuse beaucoup. Sylvinet, son frère jumeau, reste chez leurs parents et n’évolue pas beaucoup. En revanche, il est très triste du départ de son frère et en devient même malade. Sa mère, très protectrice, refuse de le faire travailler aussi dur que Landry, si bien que sa constitution reste faible et chétive.

Au fur et à mesure que le temps passe, on comprend que dans l’esprit de Sylvinet se construit une véritable jalousie pour son frère. Pourquoi est-il si heureux loin de lui, alors que lui-même se morfond toute la journée ? Pourquoi est-il proche d’autres personnes ? Pourquoi s’intéresse-t-il aux filles, alors que lui-même en est dégoûté ? Sylvinet nous apparaît rapidement comme un être excessif et ses pensées tendent à nous faire préférer son frère qui fait de son mieux pour contenter son employeur, ses parents et son frère.

La petite Fadette apparaît assez tard dans le récit. C’est un personnage qui nous paraît antipathique au début, mais qui évolue énormément tout au long du roman. Elle subit des moqueries tout au long de son enfance car elle s’habille mal et n’est pas très belle, en dehors de ses yeux. Elle est également la petite fille d’une femme que l’on considère à moitié comme une sorcière et sa mère est partie avec des soldats pour s’amuser – autant vous dire que les gens de cette époque ne sont pas les plus sympas du monde avec une famille de ce genre.

Après certains événements, Landry se sent redevable envers elle et insiste pour qu’elle lui dise comment s’acquitter de sa dette. Elle lui impose de danser avec elle et, suite à cela, une discussion profonde entre les deux personnages va beaucoup la faire évoluer. Je ne peux pas vous en dire plus au risque de vous spoiler, mais c’est une histoire très touchante.

Dans l’édition que j’ai, on trouve un glossaire des mots berrichons utilisés par l’auteure tout au long du roman. Honnêtement, je ne m’en suis pas trop servi cette fois-ci et je n’arrive plus à me rappeler si je faisais des allers-retours entre le texte et le glossaire lors de ma première lecture. Cette édition comporte également plusieurs pages pour expliquer certaines expressions ou passages du livre qui renvoient à des us et coutumes de l’époque – ça, pour le coup, c’est assez intéressant.

L’écriture de l’auteure est vraiment accessible à tous, et je recommanderais même de le faire découvrir à une personne qui souhaite se lancer dans les classiques mais qui a peur de ne pas bien comprendre les tournures de phrases. Dans ce roman, l’écriture est certes assez vieille, mais elle reste clairement compréhensible pour peu que l’on soit un minimum concentré.

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