Robert Silverberg, Roma Aeterna

« Rome n’est que grandeur : elle excelle en tout, même dans la laideur. »

Et si l’Empire Romain n’avait jamais disparu ? Si les empereurs étaient toujours présents et que la République n’était qu’une vague hypothèse sur laquelle presque personne ne parierait un sou ?
Le christianisme ? Totalement inconnu. Les Juifs ? Ils n’ont jamais réussi à quitter l’Égypte. Un prophète d’Arabie se fait assassiner avant d’avoir eu le temps de fonder l’Islam… L’Empire règne encore sur l’Europe et les dieux de la mythologie sont encore vénérés (mais bon, plus personne n’y croit vraiment).

Uchronie, Empire Romain… il ne m’en fallait pas plus ! Ça faisait un max de temps que ce livre traînait dans ma wishlist, que je voulais le lire… mais que je ne le trouvais nulle part ! À chaque fois que j’allais en librairie il n’y était pas, en bibliothèque je devais le réserver… Au final, j’ai craqué, et je l’ai commandé sur le site du Furet du Nord.

Honnêtement, je ne m’attendais pas à ce format d’histoire. Au lieu de nous faire suivre un seul personnage et de tout nous expliquer, Silverberg a décidé de nous faire une suite d’histoires et de personnages qui vivent tous à une époque différente, de 1203 à 2723 AUC : Ab Urbe Condita, « depuis la construction de la ville ». Oui, parce qu’étant donné que le christianisme n’existe pas, compter en avant ou après Jésus Christ, ça n’a aucun sens. Avec le recul, ce format est le plus intéressant pour découvrir le maximum de choses sur cette uchronie. L’Empire est séparé en plusieurs parties (Occident, Orient…) et un seul personnage, à moins de le faire voyager, n’aurait pas pu nous donner à voir toutes les spécificités, sans parler des époques multiples.

Pour se rendre compte de la chronologie en comparant avec nos dates actuelles, il suffit de soustraire la date de la création de Rome par Romulus : 753. Selon les chapitres, l’écart avec le précédent est plus ou moins long. L’auteur prend soin de nous rappeler un événement ou un personnage qui a eu une certaine importance dans le passé pour que nous puissions situer l’époque. Ce rappel nous permet également de mieux apprécier l’impact des précédents chapitres et de ne pas nous donner l’impression que les récits sont totalement décousus. Tout au long de la lecture, nous savons que nous sommes dans un seul bloc, une seule entité, mais que les époques ne sont pas les mêmes.

L’écriture de l’auteur nous donne à voir ce que nous lisons. Moi qui déteste les descriptions à rallonge mais qui aime tout de même me représenter les lieux, les scènes et les personnages, j’ai été plus que ravie. On ne se perd pas dans des descriptions à la Balzac, mais c’est largement suffisant pour pouvoir imaginer le décor de tous les événements qui nous sont présentés. Il n’empêche que mes vieilles connaissances de cours de civilisation en latin m’ont été d’une grande aide, j’aurais été un peu perdue si je n’avais pas connu un minimum d’organisation de la politique romaine.

Dans la deuxième moitié du livre, la question de l’opposition entre le latin et le romain fait son apparition. Le peuple n’a sans doute jamais vraiment parlé le latin que l’on apprend à l’école et a développé un dialecte à eux qui s’appelait le romain qui était plus facile d’usage (j’espère pour eux qu’il n’y avait pas les déclinaisons !). Cet aspect m’a également intéressée, même si j’aurais voulu qu’il soit plus développé.

Je ne peux que vous recommander ce livre si les uchronies vous intéressent !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s