Elena Ferrante – L’Enfant perdue (T4)

Couverture de l'Enfant perdue
Elena Ferrante – L’Enfant perdue

L’Enfant perdue d’Elena Ferrante est le quatrième et dernier tome de la saga L’amie prodigieuse. J’ai lu dévoré les trois premiers tomes alors autant vous dire que cette sortie, j’en parlais déjà depuis pas mal de temps. Je l’avais programmé dans mon Google Agenda alors que je ne programme (et que je ne programmerai sans doute jamais plus) rien sur Google. Oui, j’aime bien j’adore cette saga et je voulais donc absolument savoir comment l’histoire d’amitié entre Lenù et Lila finissait.

Attention, spoilers si vous n’avez pas lu les trois premiers tomes !

Nous retrouvons donc Elena, dite Lenù, qui a décidé d’accompagner Nino, son grand amour d’enfance, à Montpellier pour une conférence qu’il doit suivre, au détriment de Pietro, son mari, et de ses deux filles, Dede et Elsa. Ils vivent une idylle pendant quelques temps. Quand ils reviennent en Italie, Elena apprend que Lila veut la voir à tout prix. Les deux amies ne se sont pas vues depuis un long moment et cette rencontre va commencer à renouer les liens complexes qu’elles entretiennent.

Vous savez comment c’est, de se replonger dans une histoire qui vous a tenu en haleine et dont vous avez lu le dernier épisode quelques mois auparavant. Quand j’ai eu l’ouvrage en main, le jour de sa sortie (parce que, forcément, je l’avais pré-commandé), je n’ai pas pu m’empêcher de le commencer quasiment immédiatement. Je m’étais même « forcée » à finir mon livre précédent pour ne plus rien avoir à lire le jour J.

Suite à ma lecture du deuxième et troisième tome, j’avais pris Nino en grippe. Après l’histoire qu’il avait eu avec Lila, je m’étais dit que Lenù n’allait pas tomber sans les mêmes travers qu’elle. Eh bien, si ! Alors, oui, j’avoue que les cent premières pages m’ont paru longues, surtout que Lila y est quasiment absente, sauf quelques références. Quand elle revient sur le devant de la scène et que les deux femmes reprennent leurs relations, le livre devient plus rythmé et plus intéressant.

La relation entre les deux femmes est assez mystérieuse. Tandis que Lenù connaît le succès avec ses livres et qu’elle voyage, Lila reste à Naples, dans leur petit quartier d’enfance, où elle a une certaine puissance pour le faire évoluer comme elle le désire. Je n’ai jamais réussi à comprendre ce que Lila avait derrière la tête concernant Lenù, si elle était jalouse ou désirait l’aider à s’élever dans la société. Dans tous les cas, c’est une amitié assez étrange qui, selon moi, est destructrice pour les deux. Je n’ai jamais réussi totalement à m’attacher à Lila, même dans les tomes précédents, mais je pense que c’est le genre de personnage qu’on aime ou qu’on déteste, sans demi mesure possible. Même le gros événement du livre n’a pas réussi à me faire changer d’avis, au contraire.

Quant à Lenù, je pense qu’elle ne comprend pas non plus ce que Lila attend d’elle. Il faut dire qu’elle a des réactions contradictoires et déstabilisantes. Je l’ai trouvée assez influençable et assez parano. L’histoire est racontée de son point de vue et on ressent ses émotions et ses réactions de manière assez disproportionnées à quelques reprises. Mais avec une amie comme Lila, rien n’est plus normal.

La fin de l’histoire est assez triste et on ne comprend pas bien ce qui se joue. Je l’ai trouvée assez brouillonne dans l’écriture, un peu trop rapide. Nous n’avons pas les réponses que nous attendions et ça peut être assez frustrant. Un des personnages semble avoir quelques réponses importantes, mais, au final, on sait que ce qu’il dit n’est pas la vérité. On se perd en conjectures après la fin du roman sur ce qui est vraiment arrivé, comment ça s’est passé, etc. Pour ma part, j’adore ce genre de livre qui laisse ouvert le champ des possibles mais ça peut en frustrer plus d’un !

Autre point positif : Elsa Damien a réussi à traduire les quatre tomes avec une telle fluidité que l’histoire entière se lit très facilement. Les phrases d’une dizaine de ligne sont parfaitement compréhensibles, chose extrêmement rare. Je n’ai jamais fait particulièrement attention à la traduction dans mes lectures, je l’avoue, mais là ça m’a sauté aux yeux. La traduction est le premier pas dans la réception d’une œuvre dans d’autres langues et, sans aucun doute, la traduction d’Elsa Damien a contribué à me faire apprécier les quatre tomes de cette saga.

Note_enfantperdue

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